mercredi 7 décembre 2011

L'art à l'école

Écrire un texte de retenue, un art !

Quelle joie, pour un étudiant, de rester à l’école après les heures de cours pour aller en retenue. Ces périodes de réflexion sont pénibles et elles sont pires pour ceux qui doivent y écrire une composition. Toutefois, cela a donné naissance à un art qui est sous-estimé, mais qui demande beaucoup d’adresse : écrire un texte de retenue.

Aucun élève n’a de plaisir à aller en retenue. Dans certaines écoles, les fautifs doivent faire leurs devoirs durant le temps de punition. Cependant d’autres établissements sont beaucoup plus sévères : les étudiants se voient obligés d’écrire une composition sur un thème précis ou sur la raison de leurs agissements. La longueur de cette production écrite dépend de la gravité des actes et du nombre de fois où ce même jeune s’est retrouvé en retenue. Pire encore, si les élèves ne respectent pas le nombre de mots demandé ou que leurs propos de sont pas pertinents, ils doivent recommencer leur retenue une autre journée. Ils doivent donc bien planifier leur temps pour écrire le plus en disant le moins, tout en restant approprié.

Pour ceux qui sont tenus de rédiger un texte sur les gestes qu’ils ont commis, les élèves donnent beaucoup de détails et exagèrent la gravité et la portée de leurs actes. Prenons l’exemple d’un jeune qui aurait parlé et dérangé la classe. Au lieu d’écrire, tout simplement : «J’ai parlé pendant que mon professeur parlait. Ce n’était pas bien puisque j’ai dérangé toute la classe.», il écrira : «J’ai discuté avec mon camarade de classe pendant que mon enseignant parlait car je voulais que nous planifions de ce que nous ferions durant la fin de semaine. Ce n’était pas bien car j’ai dérangé non seulement mon professeur, mais aussi tous les étudiants de la classe. Certains ont peut-être, par ma faute, mal compris certaines informations. Cela pourrait, à long terme, les faire échouer à un examen et les empêcher de passer le cours. Je serais donc responsable de leur échec.» Vous voyez le genre. Toutefois, pour ce qui doivent rédiger leur composition sur un thème donné, ― ressemblant souvent à : «On ne demande pas à un cheval de pondre un oeuf» ― la tâche est plus complexe. Leur solution est simple : ils donnent leur interprétation du thème et développent ensuite leur idée. Aussi, les directeurs aiment bien lorsque les jeunes contrevenants font un lien entre le proverbe et la raison pour laquelle ils sont en retenue. Reprenons le même exemple. Le jeune dirait : «Il est impossible que le cheval ponde un œuf car ce n’est pas de cette façon qu’il donne naissance à son petit (c’est un mammifère). Ceci étant dit, ce proverbe signifie, pour moi, qu’il ne faut pas demander l’impossible à quelqu’un. Cela me concerne puisque j’ai demandé l’impossible aux élèves de ma classe : rester concentrés aux paroles du professeur pendant que je parlais.» Il suffit d’ajouter des mots inutiles et des phrases tirées par les cheveux, tout en restant pertinent. C’est plus difficile que ça en a l’air.

Les retenues scolaires sont le lieu de création de plusieurs œuvres d’art. Ce n’est pas parce que les propos écrits sont incroyables et beaux, mais car les élèves réussissent à créer un bon texte pour le directeur tandis qu’il est drôle pour lui et ses pairs. C’est l’art de tromper, de passer par dix chemins pour dire une idée toute simple. Ironiquement, il faut commettre une faute pour perfectionner cette maîtrise des mots. C’est la preuve que l’on peut apprendre tous les jours, n’importe où.

Portrait de Luke Broadlick

LUKE BROADLICK
Une star derrière les stars

Luke Broadlick danse présentement avec Britney Spears dans sa tournée mondiale, le Femme Fatale Tour. Le connaissiez-vous ? Probablement pas. Artistes eux aussi, ces danseurs sont souvent dans l’ombre des projecteurs, mais ce sont ceux qui illuminent la scène. En voici un qu’aucune loi n’arrête, pas même celle de la gravité.

Né le 18 février 1992 à Austin, au Texas, Luke savait, dès son plus jeune âge, qu’il travaillerait dans l’industrie du spectacle. Il commence à prendre des cours d’arts martiaux à l’âge de 7 ans et, avant qu’il n’atteigne 11 ans, il possédait déjà sa ceinture noire. L’année suivante, il est nommé champion international d’art martiaux artistiques. Il a par la suite accumulé plus de 16 titres. Après avoir performé au Ellen DeGeneres Show et avec le groupe Sidewipes à l’émission America’s got Talent, il obtient son premier contrat d’acteur en 2007 avec Time Warner. Cela ce qui l’amène à déménager à Hollywood quelques temps après, un véritable coup d’envoi de sa carrière.

Peu de temps après son arrivée, Luke décide de prendre des cours de danse au Millenium Dance Complex. Il tombe en amour avec cet art et décide de s’y consacrer pleinement. En 2009, il décroche un contrat dans la nouvelle tournée de Britney Spears, le Circus Tour. À l’origine, il était censé performer un numéro d’art martiaux, mais les producteurs ont été si impressionnés par son talent qu’ils ont décidé de le prendre comme danseur principal. Cela lui a permis, pendant un an, de voyager aux quatre coins du globe. À peine rentré, il obtient un autre contrat de danseur, mais avec les Jonas Brothers. Toutefois, entre ces deux tournées, il trouve le temps de tourner deux films (Step Up 3D et Boogie Town), et de danser dans trois séries télévisées (Shake It Up, The Fresh Beat Band et American Idol) et aux Nickelodeon Kid’s Choice Awards. Puis, il repart pour une autre année avec le populaire trio des frères Jonas. Après avoir visité les plus grandes scènes du monde deux années de suite, il décide de rester chez lui, à Hollywood pour tourner le nouveau film Honey 2 et un épisode de Good Luck Charlie sur Disney Channel. Cependant, quelques mois suffisent pour que Luke s’ennuie de la vie de tournée et il s’empresse d’accepter lorsqu’on lui propose de danser dans la nouvelle production de Britney Spears, le Femme Fatale Tour, tournée qui se terminera le 10 décembre prochain à Porto Rico. «Cela fait trois ans que je ne célèbre pas l’Action de Grâce chez moi. En 2009 c’était en Australie, en 2010 en Corée du Sud et cette année au Pérou. Je me sens très honoré de faire ce que je fais. J’adore être en tournée!», dit-il avec un grand sourire sur ses lèvres. «C’est ce que j’ai toujours voulu faire.»
Luke est né pour être sur une scène. Des arts martiaux à la danse, il transforme en succès tout ce qu’il touche. Il aime bien se qualifier de super-héros puisqu’il est toujours dans les airs. «Avec mes longs cheveux bouclés, impossible de ne pas me voir», s’amuse-t-il à dire. Selon plusieurs spécialistes, il a un talent inné pour danser. Le mélange de précision de ses mouvements (tiré des arts martiaux), de la fluidité avec laquelle il bouge et des sauts particulièrement impressionnants fait de lui le 2e danseur le plus influent de l’industrie (d’après Klout). Une vraie star derrière les stars.








Je vous invite à regarder ses plus récentes vidéos.
  

samedi 3 décembre 2011

HA ha!... de Réjean Ducharme, au TNM (Critique)

Lorsque cynisme rencontre innocence

Pour célébrer ses 60 ans, le TNM ramène sur scène HA ha !..., un grand classique de Réjean Ducharme. Après les représentations de Jean-Pierre Ronfard et Lorraine Pintal, c’est Dominic Champagne a eu la complexe tâche de mettre en scène le langage inhabituel du dramaturge québécois.

Le 19 novembre dernier avait lieu la cinquième représentation de la pièce. À 20h, le bruit de la foule a laissé place à un univers aux allures colorées, mais à la conscience sombre. Le désordre des personnages montre que lorsque cynisme et innocence se côtoient, un abîme profond se crée.

Fidèle aux thèmes de Ducharme, cette pièce représente les côtés sombres du monde adulte. HA ha !... est un rire jaune, un rire cynique dont les personnages font usage tout au long de l’histoire. Roger (François Papineau), le grand poète bien assis dans son Lazy-boy, est le chef de la bande. Tantôt dominateur, tantôt romantique, il a la personnalité la plus complexe et la plus difficile à comprendre, dû à ses longues suites de mots désordonnés. Son amante, Sophie (Anne-Marie Cadieux), est une femme passionnée et prend un malin plaisir à ridiculiser les autres avec son sarcasme. Bernard (Marc Béland), le meilleur ami de Sophie, est l’alcoolique du quatuor. Son médecin dit qu’il a raté sa vie et qu’il en sera de même pour sa mort. Finalement, il y a sa copine, Mimi (Sophie Cadieux). Elle reflète l’innocence de l’enfance, la pureté, la naïveté. C’est celle «qui a mal quand on la touche» et c’est pourquoi elle est la cible préférée des trois autres. Par l’entremise du simple jeu de la tague, Roger, Bernard et Sophie détruisent sa candeur et l’entraînent dans un gouffre où ils s’enfoncent toujours plus creux. Selon plusieurs critiques et lecteurs, cette pièce est sans aucun doute la plus violente de Ducharme. La mise en scène était impressionnante car Dominic Champagne a su rendre une situation désespérée drôle et amusante. Grâce au jeu des acteurs, le public a assisté à une plaisanterie, une comédie qui était, en fait, une dégradation des personnages et une dure destruction de la blancheur enfantine.

L’éclairage, parfois léger, parfois fort, suivait agréablement les différentes ambiances. Lors de simples discussions, seule la lumière du jour ou une faible lueur de nuit entrait par les fenêtres de l’appartement, tandis que des éclairages perçants rouges et bleus s’alternaient dans les moments déchaînés. Les meubles en papiers journaux, le Lazy-boy, les deux chambres en désordre, la petite salle de bain et la cuisine formaient un décor très chargé, mais totalement justifié par la violente intensité de la pièce. Les acteurs se promenaient sans arrêt d’un endroit à l’autre et cela donnait un rythme de jeu dynamique. À certains moments, des phrases, des mots ou des ha étaient projetés sur un long mur au dessus de la scène. Cela permettait aux spectateurs de relire et comprendre certains détails qui pouvaient leur échapper au cours des phrases décousues de Ducharme. Toutefois, bien que ce long mur fût important, il prenait beaucoup de place dans l’espace scénique. La musique, souvent très rythmée, s’agençait bien avec la brutalité de l’histoire. Elle n’était pas omniprésente, mais elle apparaissait toujours dans de bonnes circonstances, entre autres lorsque Sophie s’emportait dans des excès de passion. Les costumes s’adaptaient bien à la personnalité de chaque personnage. Mimi, par exemple, portait toujours une robe propre, un manteau long, des gants et un chapeau, tous de couleur blanche. Bernard était toujours en complet orange, défait car il était trop saoul pour se soucier de son allure. Roger s’agençait bien à son fauteuil avec son pantalon bleu, sa camisole orange et sa robe de chambre rouge et sale. Sophie honorait sa personnalité explosive en portant fièrement une mini-jupe, des collants, de longues bottes à talons hauts et un chandail qui définissait les courbes de son corps. Tous ses vêtements, qui captaient le regard, variaient entre le rouge et le fushia. Pourtant, l’histoire est très noire.

Lorsque cynisme rencontre innocence, de malheureux évènements en résultent. Tant qu’à tomber, Roger, Sophie et Bernard emporte avec eux une femme naïve, qui se laisse prendre au jeu. HA ha !... représentée par Champagne, est une pièce où l’incohérence des personnages déchus devient amusante, mais derrière ces enfantillages se cachent la douleur et la violence du monde adulte vu par Ducharme.

HA ha !... de Réjean Ducharme.
Au TNM du 15 novembre au 10 décembre 2011.
Mise en scène de Dominic Champagne.
Avec Anne-Marie Cadieux, Sophie Cadieux, Marc Béland et François Papineau.
www.tnm.qc.ca